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A jamais gravé dans ma mémoire

jeudi 6 décembre 2007

Florent nous raconte en détail comment il a vécu "sa" saintélyon. N'hésitez pas à laisser vos commentaires en page contact : nous les mettons en ligne sans tarder!

Le trajet en voiture entre Lyon et Saint-Etienne a été pour moi assez long et stressant. En effet, j'avais peur de ne pas réussir ma course, peur de ne pas mettre à profit tout le travail effectué à l'entraînement, la rigueur et tous les investissements employés.

Arrivé sur place, cela allait beaucoup mieux. En partie grâce à la super ambiance et l'animation du départ et à l'impressionnante file d'attente des 4000 individuels qui fait que l'on se sent moins seul pour affronter la doyenne des ultras.

Départ pris dans les derniers de la file (au pas vu le nombre) compte tenu du rythme moyen que je voulais employer dès le début de la course pour ne pas me griller.

Durant les deux premières heures, c'est-à-dire jusqu'au premier Ravito-point relais, j'ai eu du mal à me mettre dans la course principalement à cause de douleurs gastriques (beaucoup de mal à digérer mon gatosport vite englouti et écoeuré de mes premières gorgées de produit énergétique ultra sucrée). J'avais pas trop le moral et je me disais que cela allait être long.

J'ai fait abstraction de ces maux en me concentrant sur la course, en pensant que je ne pouvais aller que de mieux en mieux et en pensant aux Kms à engloutir et non à ceux déjà effectués.

Heureusement, à ce premier ravito, j'ai pu trouver un bouteille d'eau pétillante (que j'ai gardé toute la course) qui m'a fait digérer et j'ai pas trainé: j'ai continué ma course en marchant 5' en buvant et en mangeant une 1/2 barre que j'avais sur moi.

Le terrain était très gras et de nombreuses flaques de boue jonchaient le sentier; c'est là que j'ai pu tester l'efficacité de ma frontale (très concluant) pour pouvoir de nuit anticiper ces pièges.

Dans les endroits non urbanisés (45% du parcours) le ballet des frontales etait magnifique. En se retournant, on observait une guirlande qui serpentait sur le sentier et comme le ciel était dégagé et étoilé, c'était très beau (grand souvenir).

Après ce premier ravito, j'étais enfin dans la course et je me sentais beaucoup mieux pour la suite malgré les sentiers de plus en plus pentus. La consigne de marcher toutes les bosses a été respecté et heureusement, car comme cela j'ai pu garder de l'énergie pour la suite.

Le Deuxième ravito est arrivé assez vite (c'était très bon pour le moral car je pensais déjà au suivant) et j'ai fait un arrêt express pour boire. Comme il n'y avait plus de salé sur place, j'ai continué à courir sans m'attarder.

Toujours beaucoup de boue qui a fait du sentier un terrain glissant et piégeux notamment dans la descente dangereuse avant le troisième ravitaillement (St Catherine) qui comportait énormément de pierres. Gros travail d'appuis pour les chevilles.

Heureusement, le brouillard n'était pas présent même au point culminant (850 m) passé avant le troisième ravito.

Pour ce troisième ravitaillement, une banane engloutie et enfin du salé que j'ai pu quémander (2 tucs et que 2, la dame n'a pas voulu m'en donner plus, "les temps sont durs m'a t-elle dit"!!!). Enfin cela fait du bien quand même, car à ce moment de la course la saturation au sucré commençais à ce fait sentir.

A partir de ce moment je commençais à sentir la formation d'ampoules sous chaque pied sans trop avoir mal.

Le trajet pour le quatrième ravitaillement fut assez long mentalement pour moi car je pensais vite y arriver; en plus je ne me souvenais plus que cette partie (le bois d'arfeuille) descendait beaucoup avec la présence de nombreuses racines dangereuses.

Le ras la bol du terrain accidenté commençait à se faire sentir et je n'attendais qu'une chose: un terrain plus stable pour pouvoir dérouler et donner un petit rythme.

Ce quatrième ravito fut tellement express que je ne m'y suis pas arrêté, n'y voyant pas l'intêret car je me sentais très bien et ayant tout ce qu'il faut sur moi (m'alimentant tout au long de la course comme convenu toute les demi-heure environ avec mes différentes collations).

Mes ampoules commençaient à vraiment me faire mal, j'essayais de faire attention à mes appuis pour reposer un minimun sur ses endroits douloureux.

Le trajet pour le cinquième ravito fut presque "plaisant" (terrain stable, goudron et le tout en pente douce). Je me suis senti les jambes pour dérouler et même donner un rythme moyen et régulier de course à pied assez pour dépasser pas mal de gens. Je me sentais un peu des ailes, ça doit être à ce moment de la course où j'ai du doubler le plus de coureurs, cela me motivait. Mes ampoules me faisaient presque plus mal, surement du au terrain stable.

Arrêt express à ce cinquième ravito pour boire un verre de coca et manger 5 tucs salés en marchant évidement.

Me sentant toujours en jambes j'ai continué à courir jusqu'au sixième ravito (marche rapide pour la montée du garon), motivé à l'idée que mon père m'y attendait et le fait de passer juste à côté de chez moi. Motivé également de passer ce sixième ravito de nuit qui était synonyme de bonne avance sur l'année dernière où je l'avais passé de jour.

Et encore plus motivant en calculant dans ma petite tête quand continuant à ce rythme le contrat d'arriver sous les 10h sur la ligne d'arrivée allait être faisable et que le cap (même pas j'y croyais) d'arriver sous les 9H était envisageable sauf grosse défaillance.

Arrivé à ce sixième ravito vers 7H10, petite pause de 10' pour bien boire, manger et récupérer un petit peu de l'allure que j'ai mi sur 20 Kms, je commence à accuser le coup mais ca va, je reste motivé et lucide.

Grande satisfaction de voir mon père et de lui confier le ressentis de ma course à ce moment.

Sans trop m'attarder je reprend ma course en marchant (cote de Ste Foy énorme) et je reprend la course à pied sur le plateau me sentant vraiment pas trop mal pour pouvoir imposer un rythme régulier jusqu'au quai de Saone et motivant à l'idée de te rejoindre.

La descente de Ste Foy au quai de saone fut très douloureuse musculairement car elle descend beaucoup et le fait de se freiner en descente est difficile après 62 Kms.

Heureusement que j'ai eu ta présence proche pour me soutenir à partir des quais de saone: cela m'a aidé mentalement.

Arrivé au septième et dernier ravito place bellecour, j'ai marché deux minutes en m'hydratant sans m'arreter au ravito (j'étais pressé d'en finir). Après ces deux minutes tu m'a motivé pour reprendre rapidement la course à pied malgré mes douleurs articulaires au niveau des genoux, et finir les 5 derniers Kms avec pour but de tout donner car j'avais à portée de basket une perf. que même pas je n'aurais imaginé avant la course.

La fin (3 derniers Kms) fut assez dure mentalement car interminable et mon humeur était en dents de scie. Pendant 1' tout allait bien, j'allongeais ma foulée et 1' après je trainais des pieds j'en avais trop marre mentalement et au niveau des articulations.

Mais je me sentais beaucoup mieux que l'année précedente où je n'arrivais déja plus à courir à 12 Kms de la fin.

Et à 1km de la ligne d'arrivée, le fait d'entendre le speaker avec son micro et d'apercevoir la foule au loin m'ont permis d'allonger ma foulée naturellement pour finir cette Saintélyon 2007 en 8H47.

Contrat largement rempli car l'objectif était de passer sous la barre des 10H puisqu'à l'édition 2006 j'avais effectué un temps de presque 11H avec de très grosses douleurs aux articulations et que de la marche sur les 12 derniers Kms. Le gain est donc de 2H10 et c'est énorme sur une course comme celle-ci. Je n'en reviens encore pas. Je vais réaliser petit à petit.

Je suis énormément satisfait et cela récompense les efforts très nombreux que j'ai effectué, la grande rigueur dont j'ai fait preuve et tous les investissements donnés pendant toute cette préparation.

Préparation faite par tes soins COACH qui m'a permis de croire en moi, en mes capacités, en les dépassant dans cette course mythique et importante pour moi et je ne suis pas près de l'oublier tant la satisfaction et la fierté était au rendez-vous.

Des courses comme celle là, on ne les oublies pas, à jamais graver dans la mémoire...

A bientôt pour de nouvelles aventures, mais pas tout de suite quand même...

MERCI encore COACH a +

Sportivement !



1. Commentaire de Gérald, le mardi 18 décembre 2007 à 22:19,

Bravo Florent! Pour avoir couru la saintélyon il y a 4 ans, je sais la souffrance qu'il faut surmonter pour terminer cette terrible course.



2. Commentaire de Ghis38, le jeudi 20 décembre 2007 à 14:40,

Bravo. Belle course, bel effort. Ca m'a donné envie de tenter l'aventure l'année prochaine.



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